Pierre-Marcel Favre : parcours personnel


24Heures   12 décembre 2008

L'Invité

«Accepter le fait que les Lausannois ne rejettent pas l'art, mais préfèrent une solution plus prosaïque»

Un plan global s'impose

Que cela nous plaise ou non, il n'y aura pas de musée à Bellerive, ni aucune autre construction pendant au moins une génération. Pourtant, la zone située entre les bains et Ouchy mériterait, comme cela s'est fait dans tous les grands ports espagnols, une refonte complète pour devenir accessible à tout le monde.

On se rappelle les zones portuaires de Barcelone, de Valence, d'Alicante, de Malaga, etc. Ces lieux étaient fermés. Es sont devenus aujourd'hui très attractifs. Pour cela, ici, il faudrait ne pas hésiter à contraindre un jour la Sagrave d'aller décharger son sable ailleurs. Et même la CGN pourrait se présenter autrement, être visitable en permanence, par des passerelles, des parois vitrées. C'est encore possible. Toutefois, placer un nouveau musée loin du cheflieu, loin des hôtels, loin du métro, c'est ne pas avoir l'ambition de lui amener les foules. Mais, au contraire, de le «provincialiser» encore plus. Il suffit donc maintenant de s'organiser afin de ne pas perdre de temps, et ce n'est pas si difficile. Un plan global est de rigueur:

1. Le site de la Riponne s'impose définitivement. Le Palais de Rumine est un peu kitsch, mais vaste. Et la place permettra de bâtir, si nécessaire, une «bulle», une annexe, qu'un grand architecte comme Norman Forster, nouveau citoyen vaudois, pourrait construire.

2. Le Palais doit être dégagé de trois ou quatre institutions sur les cinq actuellement présentes. Ce n'est pas si compliqué.

3. On trouve, dans le Grand-Lausanne, la Bibliothèque cantonale et universitaire de Dorigny, accessible en métro. Il y a une bibliothèque municipale à Chauderon et des bibliothèques de quartier. Pour une ville moyenne, c'est suffisant. Rien de plus facile que de concentrer ce service à Dorigny et à Chauderon.

4. Rumine, c'est actuellement aussi un Cabinet des médailles, un Musée d'archéologie et d'histoire et un Musée de zoologie.

5. Lausanne dispose de locaux, comme le fameux bâtiment du Crédit Foncier, à Chauderon, et le Musée Arlaud, utilisés à rien du tout ou à pas grand-chose.

6. Est-ce difficile de placer nos médailles et monnaies, par exemple, soit au Musée Arlaud, soit dans une extension de Rumine, à construire sur la place?

7. Est-ce si compliqué de placer la zoologie, par exemple, au Crédit Foncier?

8. Pourquoi ne pas rapprocher, toujours par exemple, les collections d'archéologie du Musée romain, à Vidy?

Nous pouvons ainsi, relativement rapidement, offrir l'entier de Rumine aux beaux-arts, sans frais extravagants.

Bien sûr, il y a toujours quelques objections à une présentation volontairement simpliste comme la mienne. Mais ma proposition n'a rien d'irréaliste.

Il faut accepter le fait que les Lausannois ne rejettent pas l'art d'hier et d'aujourd'hui, mais préfèrent sans doute une solution plus prosaïque, comme celle du centre-ville, rassemblant la cathédrale, le Mudac, le Musée historique de Lausanne, la place de la Palud à deux pas, Saint-François guère plus loin, etc. Cette concentration amènerait une interaction formidable.

J'essaie donc ici d'être concret, d'offrir une base sérieuse qui, bien sûr, peut être travaillée et affinée.

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