Pierre-Marcel Favre : parcours personnel


Matin dimanche   14.03.04

Changer les mentalités

Tout le monde espère un retour à la croissance économique. Cette reprise est évidemment souhaitable et souhaitée. Mais bien peu probable.

Pour tenter de «relancer la machine», on attend:
•  Une relance américaine qui, si elle se présentait, ne serait probablement qu'artificielle et éphémère.

•  Pour la gauche, des dépenses sociales, des investissements publics, et des impôts maintenus ou croissants pour les « riches ».

•  Pour la droite, des baisses des dépenses et des impôts.

On est parti, au moins partiellement, dans cette direction. Est-ce juste et en tout cas suffisant pour améliorer la situation de notre pays?

N'y a-t-il rien d'autre à faire?

Sans doute oui : faire évoluer nos mentalités.

Qu'avons-nous de plus, qui justifierait que la Suisse soit, et surtout reste, plus riche, plus prospère que d'autres pays?

Sommes-nous plus intelligents, plus travailleurs, mieux organisés que les Chinois, par exemple ? Evidemment non.

La mondialisation va certainement niveler les richesses. Les «autres» vont grimper, et nous descendre. C'est presque inéluctable.

Pour modérer cette évolution, il nous faut changer notre vision, nos habitudes, nos tics, nos lois, nos mentalités.

Sans doute aucun, nous sommes beaucoup trop exigeants, dans d'innombrables situations.

Rester au top niveau des réalisations pour l'industrie d'exportation n'est bien sûr pas en cause. Mais notre perfectionnisme va jusqu'au gaspillage. Et à part quelques entreprises, personne n'a intérêt à cet état de fait. Pas plus à gauche qu'à droite.

Pour être concret: nous pourrions facilement modérer nos dépenses. Des exemples ? Au hasard: d'innombrables routes sont recouvertes d'une nouvelle couche de bitume, bien avant que cela ne soit nécessaire. Des chemins vicinaux sont bétonnés, sans que cela ne soit indispensable. Je n'ai évidemment rien contre les innombrables ronds-points, mais doivent-ils vraiment être traités comme des oeuvres d'art coûtants une fortune? Sur les autoroutes, les bosquets d'arbustes qui nous protègent, de nuit, des phares des véhicules venant en sens inverse sont régulièrement changés, bien avant que cela ne soit utile. De gigantesques potences d'informations sont construites à travers une autoroute, pour annoncer des banalités. Pour ne prendre que le seul domaine autoroutier, il y a donc, chaque année, des dizaines de millions gaspillés, pour rien ou pas grand-chose.

Il en est de même dans d'autres secteurs. Or, ces décisions, ces pratiques seraient relativement faciles à modifier, si nous faisions évoluer nos mentalités et nos carcans juridiques.

 

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