Pierre-Marcel Favre : parcours personnel


Matin dimanche   29.10.06

De la corruption

La corruption est universelle. Peu ou pas de pays y échappent. Autant elle peut être considérée comme tout à fait marginale au nord de l’Europe, autant elle est endémique, grave, incontournable, dans les pays plus ou moins ensoleillés.
Sont en cause des centaines de milliards détournés, d’aides évanouies, de revenus échappant au fisc, aggravant les injustices, empêchant une plus équitable répartition des richesses. Il s’agit donc bien d’une sorte de désastre économique et politique permanent à l’échelle mondiale.
La grande question est donc : Que peut-on faire ? Il y a-t-il une ou plutôt des solutions ? La réponse est toute faite: on peut soigner mais pas guérir le mal. Voici pourquoi:

- Les affaires clandestines. Les trafics de tout genre, mais principalement de drogue, brassent des dizaines de milliards. On connaît les producteurs. On connaît les circuits de déplacement de la drogue. On connaît plus ou moins les intervenants. Et, que se passe-t-il depuis des dizaines d’années ? Les saisies sont relativement modestes en regard aux quantités vendues. Il y a des arrestations de petit calibre. Mais ce trafic continue de plus belle. L’OTAN est en Afghanistan avec force troupes et la production de pavot s’est multipliée ! Elle est plus importante que sous les Talibans! Des sommes considérables d’argent noir engendrent, évidemment, l’achat des douaniers, des policiers, des juges, des banquiers, des hommes d’affaire en“couverture“, etc. Peut-être que le trafic est un peu moindre dans certains pays pratiquants la peine de mort. C’est tout. Cela dure et durera.

- Les régimes plus ou moins autoritaires. Il y a souvent eu, par exemple en Afrique, certains coups d’état sincèrement motivés par la volonté de réaliser un grand “nettoyage“, du gouvernement et de l’administration. Le constat est constant ! Après une période de rigueur, de réformes, la plupart des gouvernements ne maîtrisent plus la situation. Même si certains chefs d’Etat sont restés « purs », leur entourage, famille, clan, ethnie réclament ou se servent lorsque l’argent circule. Il est plus que difficile de l’empêcher.

- Fonctionnaires mal payés. Une autre source de corruption très répandue est tout simplement le fait que la fonction publique est, de manière très générale, sous-payée dans d’innombrables pays exotiques. Les salaires des soldats, médecins, professeurs, policiers, magistrats, douaniers, etc, etc, sont généralement plus que misérables. L’équivalent de CHF 50.-- par mois, ou CHF 100.--, ou, à peine mieux, CHF 200.--. Et, ces gens sont souvent incontournables pour le quotidien de la population, qui n’a d’autres choix, si elle doit recourir à leur service, que d’accepter de se faire rançonner. On peut à peine reprocher leurs méfaits aux fonctionnaires, sachant qu’ils ne reçoivent pas un revenu correct. Et, on sait aussi que, la plupart du temps, les gouvernements en question n’ont absolument pas les moyens d’augmenter fortement les salaires du service public.

Nous sommes là devant une impasse. Il faut lutter contre la corruption. Mais les solutions efficaces à court terme n’existent pas.



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