Pierre-Marcel Favre : parcours personnel


Matin dimanche   31 mai 2009



La crise, qui croire?

La crise financière divise les économistes, les politiques, les industriels, et le grand public en plus ou moins deux camps, qu’on peut appeler les optimistes et les pessimistes.

L’appartenance à l’un ou l’autre de ces deux groupes et leurs subdivisions a une importance plus que théorique, puisque cela amène les protagonistes à: communiquer positivement ou non, c’est à dire suggérer aux actionnaires de vendre ou acheter, ce qui change complètement les cours. Pousser les entreprises à licencier, même préventivement ou pas. Amener le public à continuer à dépenser ou à faire de la rétention. Tout le monde est donc un peu acteur de ce qui se passe et de l’évolution de la situation, pas seulement spectateur.

Suivant l’état d’esprit et les connaissances de chacun, on penche du côté de l’espoir ou de l’inquiétude. Il y a ceux qui vous disent que tout va repartir d’ici à quelques mois et d’autres qui pensent que cette crise durera de nombreuses années, parce qu’elle est fondamentalement différente des précédentes.

L’économiste Pierre Leconte renchérit: «Au terme de la crise, l’hyperinflation» et «Ce qui mit fin à la crise de 1929, ce fut la Deuxième Guerre Mondiale.»

Dans tous les cas on peut observer un certain nombre de points indiscutables :

1.  L’immense majorité des gens ne sont pas des parties prenantes de la situation. Ils la subissent. Elle a clairement été créée par des comportements nuisibles et nulle part ailleurs qu’aux USA.
2.  Il est question de milliers de milliards. De milliers de milliards perdus et de milliers de milliards de dettes. C’est une illusion assez stupide d’imaginer que cela se rattrape en quelques mois, en faisant marcher la planche à billets.
3.  La crise actuelle se double d’une crise structurelle. Rien ne sera plus jamais comme avant. Ainsi de l’automobile en surcapacité endémique. Ainsi des matières énergétiques dont on sait qu’elles vont s’épuiser et qu’il est impossible de remplacer par les énergies renouvelables à très court terme.

La place me manque pour étayer. Mais tout me semble assez clair. Croire à un prochain retour de la prospérité d’antan, c’est croire au père noël.



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