Pierre-Marcel Favre : parcours personnel


Matin dimanche   11.06.06

Graves dysfonctionnements policiers


Quelle était la haute mission urgente, importante, essentielle, de trois policiers valaisans ce mercredi 31 mai 2006??? Un hold-up? Des nouveaux hectares de chanvre à éradiquer? Des vols dans des chalets, ou appartements en lit froid? Une grave escroquerie? Enfin, une enquête pour des dizaines de millions de constructions plus ou moins conformes à Verbier, par exemple? Un gros trafic d’héroïne?

Vous n’y êtes pas du tout!

Il s’agissait bien sûr, d’épingler une jeune touriste-étudiante bulgare, qui a, peut-être, eu l’idée d’empocher quelques francs en travail accessoire, si difficiles à gagner du côté de Sofia, une des sages capitales peu connues de l’Est européen, championne du chômage.

Le grand avantage de cette “affaire“, voir « Le Matin » du lundi 5 juin, c’est qu’elle se déroule chez Lolita Morena. Sans elle, les glorieux policiers valaisans auraient expulsé “clandestinement“ cette jeune femme.

Pendant que les trafiquants trafiquent, les voleurs volent, les chauffards roulent à mort, les islamistes préparent des attentats, que fait la police ? Elle enquête. Elle fouille le sac d’une Européenne qui se paie des cours de françc?;ais à Montana. Elle note les numéros de téléphones de son portable. Elle la remet à la justice, qui intervient, dans ce cas, avec fierté. Les habituelles lenteurs administratives n’ont pas eu lieu. Il aura suffi d’une dizaine de jours pour que cette jeune demoiselle soit renvoyée chez elle avec une interdiction de séjour sur notre territoire!

Tout cela est lamentable.

Qu’on emprisonne ou éloigne avec zèle les revendeurs de drogues dures, évidemment, d’accord. Mais il est vrai qu’avec une jeune fille, il n’y a au moins pas de risque de prendre un coup de couteau, surtout à trois, (Messieurs aviez-vous au moins pris la précaution de mettre vos gilets pare-balles?). Qu’on considère comme grave, qu’on dépêche un commando policier pour débusquer une touriste, ou étudiante, une gagne-petit, non pas sur un chantier, mais qui s’occupe d’un enfant, c’est tout simplement nul.

Alors que certains CEO helvètes ramassent 20 millions par an en payant souvent un minimum d’impôts. Alors que des Professeurs d’université puisent dans les caisses publiques. C’est pervers. Il s’agit en fait d’une bagatelle, pour nous, pour les assurances sociales, pour les impôts, pour les syndicats. Et d’une petite “soupape“, tout à fait provisoire, et non d’une situation à long terme. Pour certains moins nantis. Pour les “employeurs“ qui sont d’accord de donner un petit boulot à des jeunes gens fauchés, qui apprennent l’Europe et les langues.

Quelle honte d'intervenir de manière si grotesque, quelle que soit la « loi », qu'on se garde d'appliquer dans d'autres domaines.

 

Réagir à cet article