Pierre-Marcel Favre : parcours personnel


Matin dimanche   04.07.04

Pour l'immigration


Vous voyagez dans le monde? Dans l'affirmative, vous avez été mille fois frappés par la jeunesse de la population, par exemple asiatique. Et tout au contraire, quelle impression de vieux pays à notre retour en Suisse!

La question du renouvellement de notre population est essentielle et nous ne réagissons pas. Sachant que la fécondité des femmes dans la Confédération est d'environ 1,5 enfant et qu'il en faut plus de 2 pour   seulement maintenir le niveau actuel de notre population, il s'agit bien d'une situation très grave.

Dans quelques années, les retraités dépasseront les actifs ! La « fameuse » retraite à 67 ans de Pascal Couchepin ne règlerait qu'une toute petite partie, financière, des problèmes qui seront posés aux générations futures.

Par contre, il faut se rappeler que la jeunesse stimule l'activité économique, ce qui nous manque cruellement. Que faire? Encourager la natalité? Evidemment. On peut encore beaucoup agir dans ce domaine. Un catalogue de mesures existe, mais elles ne sont pas ou mal mises en place, à commencer par la fameuse question des crèches. Et les freins ne sont pas seulement financiers. Un arsenal de contraintes légales complique et rend coûteux ce que des Anglais, par exemple, peuvent faire en deux temps trois mouvements. Mais même si certains changements favorisant la natalité sont efficaces, ils n'amélioreront que partiellement la situation. La seule et unique solution est bien dans l'immigration. Et il est possible de la faire &a?eacute;voluer;! Il y a mille exemples.

Nous formons à grands frais des étudiants étrangers (non Européens) à l'EPFZ et l'EPFL. Ils reçoivent l'ordre de retourner chez eux immédiatement à réception de leur diplôme! C'est une toute petite immigration, mais la plus rationnelle, la plus logique, la plus simple et on la rejette...

Légaliser les clandestins qui travaillent déjà ici ne serait guère compliqué. (Je ne parle évidemment pas de certains faux réfugiés et véritables trafiquants). Ce sont généralement des gens utiles, en grande partie assimilés et souvent leurs enfants sont scolarisés! Plusieurs nations ont fini par arranger ce genre de situation au profit de tout le monde.

De nouveaux immigrants seraient profitables au pays. Ouvrir intelligemment nos portes comblerait notre déficit démographique et relancerait l'économie. Une seule restriction, bien sûr de taille: empêcher l'augmentation de la criminalité. Même sans favoriser l'immigration, il nous faut cesser d'être naïfs sur ce plan. Nous devons être beaucoup plus sérieux pour revenir à plus de sécurité. Ouvrir le pays, oui, remplir encore les prisons, bien sûr que non.

Des pays comme le Canada et l'Australie, par exemple, ont fort bien réussi à absorber une immigration tout à fait positive. En sommes-nous incapables?



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