Pierre-Marcel Favre : parcours personnel


Matin dimanche   3 décembre 2006

L'innocence féminine

Ségolène Royal a de fortes chances d’être la première présidente de la France et on ne peut que s’en réjouir. Elle représente mieux que quiconque cette majorité de filles qui, à l’école, travaillent mieux que les garçons. Et maintenant, le corps professoral se compose majoritairement d’enseignantes. Le droit et la médecine se féminisent. Il y a bien une certaine augmentation des délits chez les jeunes filles. Mais ce qui reste le plus extraordinaire, c’est bien d’observer que la criminalité est avant tout, de manière écrasante, masculine et non pas féminine. Les statistiques sont éloquentes. En 2005, 94.6% des détenus en Suisse étaient des hommes. Seulement 5.4% de femmes! (Dont 70% d’étrangères). Quant aux condamnations : 86% d’hommes. Chez les mineurs, les jugements pénaux sont un peu moins avantageux pour la gent féminine: 20% de filles.

Chez nos voisins français, c’est à peu près la même tendance. Encore plus spectaculaire : il n’y a que 3.8% de femmes en prison. (Mais cela n’a pas toujours été ainsi. Il y a 300 ans, les femmes représentaient 1/3 des incarcérés et encore 20% il y a 150 ans.) Huit femmes meurent chaque mois d’agressions domestiques contre deux hommes dans les mêmes circonstances. Et ces chiffres sont en augmentation. Même les accidents de la route sont nettement moins le fait des conductrices. Comment expliquer cette situation? Les femmes respectent mieux les lois. Sans aucun doute, dans la majorité des cas, tout est là. Mais aussi, selon la récente thèse de Coline Cardi, les instances pénales sont plus indulgentes envers les femmes! Elles savent mieux émouvoir au tribunal! Elles ont des tactiques de défense efficaces. Certains crimes “féminins“ n’en sont plus ou ont presque disparu, au vu de l’évolution des lois et des mœurs. Mais cela n’explique qu’une partie de cette réalité, qui leur est tout à fait favorable! S’il y a bien encore quelques inégalités entre les sexes, le taux de criminalité est clairement en faveur des femmes!

Il convient de remarquer que malgré de petites variations suivant les pays, le constat vaut pour toutes les nations du monde. C’est donc bien la nature même de la femme qui fait la différence. Est-ce en rapport direct avec la maternité? Même pas, semble-t-il, puisque les jeunes filles et les femmes qui n’ont pas d’enfant ne plombent pas du tout les statistiques. D’où vient donc cette distinction absolument considérable entre les sexes? Que peut-on en déduire? Les gènes du chasseur, du guerrier non canalisés conduisent-ils à la délinquance? C’est fort possible. Les hommes sont-ils plus impulsifs? C’est probable. Les femmes sont-elles plus sensibles à l’ordre? C’est presque certain. Dans tous les cas, on doit bien reconnaître qu’une certaine féminisation de la société représente un avantage incontestable: un espoir de moins de criminalité.

Peut-on étendre cette analyse à la gouvernance d’un pays? Peut-être, mais ce n’est pas une certitude, tellement les questions de guerre ou de paix se présentent à une échelle très loin de l’individualité.

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