Pierre-Marcel Favre : parcours personnel


Matin dimanche   17 août 2008

Les riches!

En mal de sujet ou pas, les magazines et les télévisions estivales ont un thème récurrent: les riches! Avec des variantes, les nouveaux riches, ceux d'inde, du Brésil et de Chine. Les néonababs nous sont présentés, avec force villas géantes, à Marbella, Costa Esmeralda et Ibiza, hélicos, jets et surtout yachts plus gigantesques les uns que les autres.

Des plus humbles aux plus aisés, le public raffole de ces histoires, et surtout des images de luxe déployées par les stars, les potentats et les financiers. Un peu pathétiquement, nombreux sont ceux qui tentent de rejoindre ce monde en jouant à l'Euro Millions ou en plagiant les innombrables films mettant Las Vegas en scène: les casinos ne désemplissent pas, tant l'espoir de lucre reste grand, quand bien même les chances de gagner sont dérisoires. L'aspiration au statut de millionnaire continue de faire rêver, bien qu'aujourd'hui il convient d'être milliardaire pour être pris au sérieux dans ce domaine. On jalouse bien sûr ces gens-là. Mais surtout, on n'y voit qu'une seule catégorie, alors qu'il n'en est rien.

Pour simplifier, il y a deux sortes de riches. Une première plus ou moins légitime, ceux qui inventent, entreprennent, créent de la richesse. Pour eux, mais aussi pour la communauté. Au hasard, en Suisse, c'est ou c'était Nicolas Hayek avec Swatch. Antoine Leenhard avec ses capsules, qui donnera une fondation d'intérêt public, etc., mais pas Marcel Ospel qui a contribué à mettre à mal Swissair et UBS. Ailleurs, la famille indienne Tata, Bill Gates, etc. Mais pas le sultan de Brunei ou Abramovitch ou les nouveaux riches du golfe Persique ou arabique, du Kazakhstan, du Nigeria, de Russie, qui ont fait main basse, certes habilement, voire «mafieusement» sur les richesses du sous-sol de notre terre. Rien de plus. Ils se sont accaparé un bien commun.

Autant la richesse des uns implique un mérite certain. Autant celle des autres peut être méprisée.

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