Pierre-Marcel Favre : parcours personnel


Dimanche.ch   08.12.02

Lettre ouverte à Laurent Moutinot

Monsieur le Conseiller d’Etat,

Je vous adresse cette lettre, Cher Monsieur, mais bien entendu, elle vaut pour tous vos collègues des autres cantons. Vous déclariez récemment que «le problème de l’immobilier n’est pas le financement, mais le manque de terrains».

Il y a pénurie de logements, en tout cas dans les grandes villes suisses. Et cela perdure. Et même si la situation se stabilisait, dans quelques années, le problème reviendrait cycliquement.

Les milieux immobiliers proposent des recettes, souvent efficaces, mais insuffisantes. Ils demandent principalement 3 choses : d’une part, l’allègement de l’arsenal législatif helvétique, probablement le plus complexe au monde. Ce qui aide à ce que nous ayons les coûts de construction les plus élevés de la planète. Donc, finalement, des loyers excessifs.

D’autre part, ils exigent que les dossiers, les mises à l’enquête soient traités beaucoup plus rapidement. Enfin, ils veulent que certains terrains, parfois prétendument agricoles, soient déclassés. Il n’y aurait là rien de monstrueux : 11% du territoire est fait de parcs nationaux, un des plus fort taux au monde et cela va s’accroître.

Il est indiscutable que les freins à la construction sont fortement responsables des difficultés que rencontrent des milliers de jeunes ou de couples à la recherche du logis auquel ils ont droit. Mais surtout, je pense qu’il est possible d’inventer des solutions aux graves problèmes actuels.

Un exemple: autoriser tous les bâtiments autres que villas à disposer d’un étage supplémentaire, surélever en respectant bien entendu certaines règles d’urbanisme. Si on part de l’idée que la moyenne des bâtiments n’a que quatre étages, ajouter un cinquième, c’est bien sûr théoriquement une possibilité gigantesque d’augmenter les disponibilités immobilières de pas loin d’un quart ! La création de logements dans le niveau supérieur offre sur le marché des logements parmi les plus recherchés (en toiture, ou en attique avec terrasse) et souvent de qualité.

En débloquant, d’un seul étage, les limites de construction en hauteur, ce qui n’a rien d’utopique, d’extravagant, nous pourrions par étape, absorber les besoins de nouveaux logements. Et cela sans bétonner en dehors des villes, sans créer de nouvelles infrastructures. En employant les transports publics existants. Et en rénovant les toitures par la même occasion! Cela représenterait donc un coût minime des infrastructures publiques. Cette démarche avait déjà été partiellement appliquée à Lausanne pour la possibilité de créer des logements dans les combles (greniers) qui étaient ultérieurement inhabitables. Cette formule existe déjà, mais dans le volume existant de bâtiments com ?prenant des combles non aménagées : il s’agit donc d’encourager ce processus, ce qui pourrait également améliorer l’esthétique de la cinquième façade, la toiture – notamment pour des bâtiments à toiture plate.

- Pourquoi donc ne pas accélérer le traitement des blocages actuels, alors que les entreprises de construction arrivent au bout de leur carnet de commande?

- Pourquoi ne pas chercher à inventer des solutions nouvelles qui ne vont pas pour autant amener Lausanne et Genève à devenir des Hong Kong, Shanghai et Singapour?

 

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