Pierre-Marcel Favre : parcours personnel


Matin dimanche    27 janvier 2008

Trafic de drogues: échec total

Tentez de vous rappeler: depuis quand entendez-vous des politiciens, la presse, la police vous annoncer de grandes victoires contre le trafic de drogues, des cultures détruites, des laboratoires démolis, des arrestations décisives, des saisies gigantesques, des parrains en taule, de Noriega à Escobar? Depuis des dizaines d'années, voire des générations!

Et pourtant, les mesures efficaces qui rendent les USA hermétiques au terrorisme depuis 2001, n'empêchent pas le passage d'immenses tonnages de drogues.

Au cinéma, les parrains finissent en prison, pas dans la réalité.

La drogue, c'est au Mexique, 2700 personnes exécutées en 2007. En Afghanistan, une production évaluée à plus de 30 milliards de dollars par an. En Birmanie-Thailande-Laos, des sommes comparables. Et plus banalement, chez nous, les petits trafiquants, bien connus, continuent à prospérer dans des endroits tout à fait repérés... (Sans parler des drogués eux-mêmes engendrant une criminalité considérable pour se procurer leurs maudits produits, souvent par le vol ou la prostitution.)!

Comment expliquer que les guerres ont toujours une fin? Que les guérillas ne touchent qu'une partie du Sri Lanka, du sud de la Thaïlande ou de la jungle colombienne? Que les tâches de la police et de la justice sont, en gros, maîtrisées, mais que le trafic de drogues prospère presque universellement?
Deux raisons principales: ce trafic engendre des marges bénéficiaires considérables et tout se passe en liquide (principalement en dollars, qui souvent ont de la poussière de drogue sur leur surface!). Ces billets permettent de payer royalement beaucoup de monde, des hommes politiques, des douaniers, des avocats, des banquiers. Ces milliards vont quelque part. Et aujourd'hui ils ne sont plus reconvertis dans des pizzerias.

Le cash permet de presque tout acheter...


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