Pierre-Marcel Favre : parcours personnel

Tribune de Genève   lundi 11 février 2008

Pierre-Marcel Favre: un livre par semaine

culturelivre

Par Étienne Dumont

L'escalier est étroit, rue de Bourg à Lausanne, mais de grands espaces s'ouvrent dès qu'on a ouvert la porte.

Le bureau qu'occupe PierreMarcel Favre dans l'immeuble peu à peu phagocyté par son entreprise tient du hall de gare et de la serre chaude. Il doit faire 30 degrés dans cet espace comportant un grand lit blanc. "Je dors en fait à l'étage du dessus." Mais le plus stupéfiant, dans cet espace design qui ne déparerait pas Casa Vogue, c'est la vue. Une immense baie donne en direct sur la cathédrale.

On voit que Favre fut architecte avant de passer à l'édition, avec un détour par l'aviation civile. "J'éprouvais cependant un besoin rentré de publier des livres." Notre interlocuteur savait bien qu'il existait, en Suisse, "un nombre extravagant d'éditeurs". Mais il faisait confiance à la capacité d'absorption des Romands. "Citez-moi au monde une autre population d'un million de personnes qui nourrisse trois opéras, une trentaine de théâtres et lise en moyenne plus qu'ailleurs!".

Mille titres en catalogue

Pierre-Marcel Favre, qui va et qui vient pour marteler son propos, a donc sorti un ouvrage. Puis deux. "Je me suis professionnalisé au milieu des années 70." La maison, qui emploie deux personnes fixes, des temporaires et des stagiaires, met aujourd'hui sur le marché un titre par semaine. "L'équivalent d'une maison française de taille moyenne." Cela fait tout de même 1000 références aujourd'hui en catalogue...

L'homme s'est donné les moyens de se faire connaître. Ses publications sont éditées à 2000 ou 3000 exemplaires. "Je ne sors pas de choses confidentielles subventionnées." Une partie de la production part pour la France. "Je donne ainsi à mes auteurs le maximum de chances de se faire connaître." Tout cela a un prix. "Il me faut un bout de bureau à Paris. Une attachée de presse. Je dois convaincre les diffuseurs, les libraires, la presse et bien sûr les lecteurs."

D'une manière générale, Pierre-Marcel Favre publie peu de romans. "Ce n'est pas mon truc." Son truc, ce sont les albums et les documents. "Benoît Lange est venu à moi pour ses photos d'Inde. Jacques Pilet m'a fait une proposition. Idem pour Henri Dès ou Bertrand Piccard." Bref, avec le temps et bien sûr la confiance, la moitié des ouvrages arrivent sur un plateau. "Pour le reste, je travaille avec des auteurs sur des sujets potentiels."

On l'aura compris. La maison a ses habitués. Michel Thévoz y a trempé trois fois sa plume dans le vitriol. Kurt Hostettmann a publié ici cinq ou six textes. Jacques Neirynck davantage. Ces gens ont ainsi trouvé un public.

"Je n'aime pas les chapelles. Ce qui m'intéresse, c'est de rencontrer une véritable audience. J'aime bien avoir eu raison." Cela dit, Pierre-Marcel Favre reste sans illusions. "Un bouquin acheté sur deux n'est jamais lu."

Un Salon nécessaire

Pour aller plus loin, le Léonard Gianadda du line a donc créé à Genève un Salon. Le premier de Suisse. "On en arrive au 23e." L'aventure ne s'est pas faite au hasard. Après visite des autres foires, décision a été prise d'aller au-delà de l'objet. "II fallait un événement multiple." Le résultat semble lui donner raison. "Regardez Bâle! Les organisateurs ont jeté l'éponge. Lyon n'a pas tenu le coup. Ils n'avaient pas assez diversifié."

On diversifiera donc à nouveau à partir du 30 avril 2008. Pays invité? "L'Egypte". Le canton? "Saint-Gall". Une région? "La Vallée d'Aoste".


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