Pierre-Marcel Favre : parcours personnel

24 HEURES   24 mars 2009

Le livre n'a pas dit son dernier mot

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Photos: Patrick martin

Face à le crise, le livre semble moins menacé que le CD ou le DVD. A la veille d'accueillir 720 exposants au Salon du livre et de la presse de Genève, Pierre-Marcel Favre reste assez serein.

Interview: Jean-Louis Kuffer

Au lendemain de la clôture, du Salon du livre de Paris, en hausse de fréquentation (40 000 visiteurs de plus que l'an dernier) et de vannes (20% d'augmentation), Pierre-Marcel Favre présentait hier à Palexpo, en conférence de presse, la 23e édition du Salon international du livre et de la presse, qui se tiendra du 22 au 26 avril prochain. En point de mire: la Turquie, hôte d'honneur, une grande expo dévolue (en première) aux trois Giacometti, le Salon africain. etc.

- Comment voyez-vous l'avenir du livre?

- La premiere chose à dire, c'est qu'il y a suroffre, mais comme dans tous les domaines: trop de chanteurs, trop de films, trop de tout. Cette suroffre peut certes perturber, noyant certains ouvrages particulièrement méritants. Mais inversement, on peut dire que c'est heureux que beaucoup d'auteurs aient leur chance. Pour la santé globale du livre, tous genres confondus, il y a un bon maintien, malgré une évidente érosion. Certains domaines sont sinistrés, comme le livre universitaire.

-L'édition est-elle menacée?

- Il y a surproduction de la BD et ça devient un problème réel, malgré le succès du genre. Or l'édition a toujours été une aventure. Il est clair que pour chaque éditeur qui n'a pas des livres prescrits, par l'école ou d'autres commanditaires officiels, tout est tout le temps remis en question, les marges de bénéfice étant étroites. Avec un peu de flair et un peu de chance, les choses peuvent bien se passer. Mais si on en manque, on se casse la figure. En France, les acteurs de l'édition sont si nombreux que je ne crois pas à un effondrement général. Le choc sera moindre par rapport à celui qui va frapper la presse écrite, tributaire de la publicité. Il y aura tout au plus des recompositions, mais ce n'est pas nouveau, Bref, économiquement, nous allons vers un avenir plus sombre, mais je ne crois pas que le domaine du livre va pâtir plus que les autres.

- Et en Suisse romande?

- Avec plus de cent éditeurs pour 1 300 000 francophones, l'offre est considérable. Nos éditeurs ne sont même pas des PME: plutôt des artisans. Certains d'entre eux se plaignent et ont de réelles difficultés, malgré d'importantes subventions. Ce sont le plus souvent des passionnés, pour ne pas dire de véritables héros aux salaires de misère!

- Que pensez-vous du prix du livre en Suisse?

- Vaste question! Nous sommes de très, très bons clients de la France (!). et c'est vrai que les livres sont beaucoup trop chers dans nos librairies, mais c'est un autre débat...

- Qu'en est-il selon vous de l'évolution de la lecture?

- Les statistiques françaises et suisses ne sont pas à confondre. En premier lieu, les grands lecteurs n'ont jamais été nombreux. Les accros le resteront, et ceux qui ne lisent jamais ne liront pas plus demain. C'est dans l'intervalle que ça se joue, et notamment chez les jeunes: c'est là qu'un travail d'émulation doit se faire, comme nous l'avons encouragé an Salon de Genève. Voyez la Bataille des Livres! Mais ça ne suffit pea, et les temps actuels ne sont pas propices. Cela étant, je crois au réflexe livre. Se balader, ou passer son temps avec un livre, reste un plaisir irremplaçable.

- Et la lecture sur internet ou par le livre électronique?

- J'envisage ces nouveaux outils, formidablement utiles, surtout comme des compléments. Le livre électronique va se démocratiser sous peu, mais je ne crois pas qu'il remplacera complètement le livre clastique, en tout cas pour le lecteur moyen.

- Comment voyez-vous l'avenir des salons du livre?

- Tout depend de la formule. Celui de Bâle a capoté, mais les pays germaniques, très portés sur les lectures publiques, n'ont pas de «culture» de salon: Francfort intéresse essentiellement les professionnels. En France en revanche, les salons provinciaux prolifèrent, dans le même esprit ludique qu'à Genève où nous avons tâché d'en faire une fete aux multiples pôles d'attraction culturels. Même, si je passe la main dans deux ou trois ans, je crois que la formule est la bonne pour durer...


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